Une jeune ouvrière verse des cerises de café fraîchement récoltées depuis un récipient rouge dans une trémie de collecte, dans une plantation de café à An Loc La Tiêm, Gia Lai, au Vietnam.

Emploi des jeunes

Emploi des jeunes : pourquoi le premier pas est-il devenu plus difficile ?

Episode 62 | 22 octobre 2026

25 minutes 7 secondes

Transcription

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Dans de nombreux pays, les jeunes peinent à trouver un emploi qui leur permette de démarrer leur vie professionnelle dans de bonnes conditions et d'accéder à un travail digne. Aujourd'hui, nous allons essayer de comprendre pourquoi et de ce que l'on peut faire pour améliorer cette situation. Bienvenue dans le podcast de l'OIT sur l'avenir du travail. Je m'appelle Isabelle Piquer. Notre invitée aujourd'hui est Dorothea Schmidt-Klau qui est cheffe du service de la promotion de l'emploi ici à l'OIT. qui va nous parler du dernier rapport de l'OIT sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes.

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Dorothea, merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. Merci à vous et merci pour l'invitation. Nous entendrons également les témoignages de trois jeunes originaires de Roumanie, du Zimbabwe et du Mexique. Les trois sont des représentants des jeunes au sein de l'Organisation mondiale du mouvement Scout, et ils vont nous parler de leur situation, la situation dans leur région, de leur propre expérience et de ce qu'ils attendent des institutions. Mais commençons un peu par le contexte. Donc, l'OIT vient de publier la dernière édition de son rapport

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sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes. Ce rapport existe depuis plus de 20 ans. Dans sa dernière édition en 2024, le rapport faisait état d'une baisse du chômage des jeunes. Cette nouvelle édition semble dresser un tableau assez différent. Donc, Dorothea, quelle est l'évolution depuis ces deux dernières années ? Oui, malheureusement, aujourd'hui, la situation pour les jeunes est plus difficile qu'avant. Quand on a écrit le dernier rapport, on était un peu optimiste

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parce qu'il y avait des chiffres un peu mieux. On a pensé peut être maintenant on va, on va être, on va voir des améliorations. Mais avec ce rapport là, on voit, c'est le contraire. On voit que les taux de chômage des jeunes sont maintenant à 12,4 %. Et ce qui peut être même plus important, c'est la part des jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce qu'on appelle les NEET, est passé de 19,7 %

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en 2023 à 20 % en 2025. Donc, apparemment, pour beaucoup de jeunes, le chemin vers le premier emploi est devenu plus long et plus difficile. Donc c'est plus difficile maintenant qu'il y a deux ans pour un jeune de trouver un emploi. Oui, malheureusement, aujourd'hui, le premier pas est devenu plus difficile. Dans le rapport de 2024,

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nous avions une situation plutôt encourageante. Comme je l'ai dit, aujourd'hui, le contexte est très différent. La croissance économique ralentit, il y a beaucoup de tensions géopolitiques et les jeunes sont particulièrement touchés. Comme toujours, c'est toujours les jeunes. Je peux donner un exemple très personnel. Dans toute ma vie, j'ai, je pense, écrit quatre candidatures. Ma fille, très intelligente, très bonne éducation,

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elle en a écrit environ 40 pour un stage. Pour moi, cela dit beaucoup sur la situation actuelle des jeunes et nous le voyons dans les chiffres comme j'ai dit. Donc oui, pour beaucoup de jeunes, c'est plus difficile, les circonstances sont plus difficiles, mais c'est aussi ce qu'on demande des jeunes qui est beaucoup plus difficile. Alors, nous allons bientôt donc entendre des témoignages de jeunes dans différentes régions. Est ce que l'on a constaté aussi dans cette évolution,

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ces deux dernières années, des différences entre les régions ? Absolument. Les problèmes sont mondiaux. Pour les jeunes, c'est toujours les jeunes qui souffrent, mais ils n'ont pas le même visage partout. Par exemple, le chômage des jeunes a augmenté dans huit des dix sous régions que nous étudions, et le taux de jeunes qui ne sont pas ni en emploi, ni en études, ni en formation a augmenté presque partout. Mais la situation est très différente.

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Par exemple, dans les États arabes et en Afrique du Nord par exemple, le problème, c'est vraiment le chômage. Le chômage des jeunes est depuis longtemps très élevé et la situation est particulièrement difficile pour les jeunes femmes. Au contraire, en Afrique subsaharienne, le problème est très différent. Beaucoup de jeunes ne peuvent tout simplement pas se permettre de rester sans travail. Et ça veut dire, ils doivent accepter n'importe quel travail, même si c'est informel,

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même si c'est sans protection sociale, même si c'est véritablement pas stable. Et en Europe, là, on voit que les NEET ne sont pas très orientés dans beaucoup de pays, mais en même temps ça existe encore. Et même là, les jeunes trouvent des difficultés d'entrer les marchés de travail. Il faut faire bien sûr attention aux moyennes, Il y a des grandes différences entre les pays, mais ça nous donne déjà une indication que les politiques, faire une différence parce que

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c'est les politiques qui sont différents entre les pays, c'est pas les jeunes. Les jeunes sont un peu plus les mêmes partout dans une région. Mais c'est les politiques qui font une différence et c'est pour ça qu'on voit même des différences entre des pays. Une chose, je voulais dire, c'est les NEET, c'est ça le groupe qui nous préoccupe particulièrement. Lorsqu'un jeune à l'école ou inscrit auprès

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d'un service d'emploi, ça veut dire ils cherchent du travail. Nous savons où il est et nous pouvons entrer en contact avec lui. Mais lorsqu'un jeune n'est ni en emploi, ni en études, il ne cherche pas activement du travail. Très souvent, nous ne savons pas où il est et nous ne savons pas ce qu'il fait. Donc on ne peut pas l'aider, on ne peut rien faire. Il est totalement absent du paysage. Et plus cette situation dure, plus il devient difficile de reprendre contact

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et de l'aider à revenir vers une formation ou vers l'emploi. Donc une situation très complexe. Nous venons de le voir, nous allons parler tout à l'heure des politiques. Pour l'instant, nous allons écouter le témoignage de Anca-Ana Sampetrean, qui est en Roumanie et qui nous parle de sa situation. Bonjour, je m'appelle Anca, j'ai 27 ans, je suis roumaine et je suis fière de représenter le scoutisme mondial en tant que représentante des jeunes. Après avoir examiné les données du rapport 2026 de l'OIT

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sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes, je dois dire que pour beaucoup de gens, ce rapport ne présente peut être que des chiffres et des données. Mais pour moi, derrière ces chiffres, il y a les visages et les noms de nombreux amis et connaissances qui ont toujours du mal à trouver un emploi après des mois, voire des années de recherche. Je pense à ceux qui ont dû accepter le travail qu'ils pouvaient trouver simplement pour avoir un revenu. Peu importe que ce travail corresponde ou non à leur domaine ou qu'ils soient très en dessous de leurs qualifications.

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L'objectif est d'accumuler ce qui est devenu une sorte de nouvelle monnaie sur le marché du travail. L'expérience. Je dois reconnaître que j'ai ressenti une forme de soulagement en lisant le rapport. Il est quelque part rassurant de savoir qu'il ne s'agit pas simplement d'un échec personnel, et que cela ne veut pas dire non plus que ma génération est trop exigeante ou irréaliste. C'est un problème structurel qui touche toute une région et toute une génération. Il concerne les jeunes, quel que soit leur niveau d'éducation.

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Je pense que changer notre manière de voir les choses est important, notamment dans la façon dont les jeunes comprennent leur propre expérience et en parlent. Cela nous permet de ressentir moins de honte et de moins nous culpabiliser, mais aussi de demander des changements urgents et concrets. Nous venons d'écouter le témoignage d'Anca, donc Dorothea, et je reviens vers vous. Que répondriez vous à Anca ? Qu'est-ce qui explique cette situation ? Pourquoi tant de jeunes ont ils du mal à donc à trouver un emploi,

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comme on en parlait au début de ce podcast ? Anca nous montre quelque chose de très important, ce n'est pas un manque d'ambition, c'est surtout un manque d'opportunités. Le contexte économique joue un rôle très important. Quand la croissance ralentit et que les entreprises créent moins d'emplois, c'est les jeunes qui sont souvent parmi les premiers à subir les conséquences. Et nous le voyons dans les chiffres aujourd'hui, un jeune a

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presque quatre fois plus de risques d'être au chômage qu'un adulte. Mais il y a aussi un autre changement. Certains emplois, qui étaient traditionnellement des portes d'entrée sur le marché du travail, sont en train de diminuer. Je pense par exemple aux emplois administratifs à certains emplois dans la vente, dans les services, dans l'industrie ou dans les métiers plus techniques. Cela pose un vrai problème, surtout pour les jeunes qui

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qui sortent de l'enseignement secondaire ou de la formation professionnelle, parce que ces emplois leur permettaient souvent de faire un premier pas dans le monde du travail. Et si cette première porte disparaît, la question devient par quelle porte les jeunes vont ils entrer ? L'une des raisons pour lesquelles ces portes se ferment, c'est aussi l'intelligence artificielle. Alors quel impact estime-t-on que va avoir ou qu'a déjà l'intelligence

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artificielle justement sur cet emploi des jeunes ? Il faut faire un peu attention. Bien sûr, l'intelligence artificielle fait certainement partie de cette transformation qu'on voit pour les jeunes. L'IA transforme le travail, c'est clair. La question est de savoir comment accompagner les jeunes dans cette transformation. Certes, les emplois qui diminuent pour les jeunes sont aussi des emplois où certaines tâches peuvent être faites

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par l'intelligence artificielle. C'est le cas par exemple de certains emplois administratifs du bureau. Mais il faut être prudent. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas dire que l'intelligence artificielle est directement responsable de la baisse de ces emplois. Nous n'avons pas encore assez de recul pour dire cela, mais nous voyons clairement que les deux tendances se croisent. La vraie question n'est pas seulement est-ce que l'IA va supprimer des emplois ?

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La question est plus comment pouvons-nous préparer les jeunes aux emplois qui vont être créés ou transformés par l'IA ? Mais en même temps, tout, tout se passera très vite. Donc, on voit quand même qu'il y a cet impact et un marché qui n'est pas forcément prêt, où des jeunes qui subissent ce premier impact, un peu de l'intelligence artificielle. C'est vrai, mais quand même, il faut faire attention. On a peur que l'IA va détruire des des professions,

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mais en même temps, il faut aussi dire que ça va créer des professions que nous, on ne pense même pas à ce moment-là. C'est très important, Il faut préparer les jeunes. C'est notre décision si nous voulons que l'intelligence artificielle remplace des gens, c'est notre décision. Mais il faut vraiment accepter que le marché de travail va être différent. C'est certainement pour les jeunes, mais c'est à nous à définir comment ça va être.

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Et une fois de plus, c'est l'importance des politiques. Donc, nous allons maintenant écouter le témoignage d'une autre jeune. Cette fois ci, il s'agit d'Isaura Rodríguez Calderón qui est au Mexique. Écoutons Isaura. Bonjour, je m'appelle Isaura Rodríguez, j'ai 27 ans et je suis scout au Mexique. Moi, ce qui me parle le plus, c'est le décalage entre les domaines qui nous intéressent, dans lesquels nous aimerions travailler et les possibilités que nous avons réellement de développer nos compétences et de progresser professionnellement.

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Ici au Mexique, les jeunes pensent parfois qu'un certain niveau d'études va leur ouvrir des portes. Mais ce ne sont pas forcément les portes des secteurs qui les intéressent. Je pense qu'un des changements les plus importants serait de cesser de faire peser toute la responsabilité sur les jeunes. On leur demande constamment de chercher des opportunités, d'acquérir de l'expérience, de continuer à apprendre et à se former. Mais on oublie parfois qu'il faut aussi créer collectivement et de manière structurelle ces opportunités. C'est la responsabilité des institutions, des gouvernements, des entreprises et des organisations.

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Les jeunes ne doivent pas seulement être prêts à saisir les opportunités. Les institutions doivent aussi être prêtes à créer ces opportunités avec eux. Nous venons donc d'écouter Isaura. Dorothea, que vous inspire ce qu'elle vient de nous dire, notamment ce décalage entre l'éducation et les possibilités professionnelles concrètes, mais aussi cette idée de responsabilité partagée avec les institutions ? Je suis tout à fait d'accord avec Isaura sur un point essentiel: on demande énormément aux jeunes

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avant même de leur donner leur première chance. On leur dit il faut faire les bonnes études et il faut avoir les bonnes compétences, il faut être flexible et il faut avoir de l'expérience. Et on leur demande aussi d'avoir un bon réseau et un cv qui se distingue de certains autres cv. Et tout cela avant même d'avoir eu un premier vrai emploi. Il y a presque un paradoxe pour obtenir de l'expérience, il faut déjà avoir l'expérience.

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Mais comment avoir de l'expérience quand personne ne vous donne une première chance? Quand personne ne vous embauche ? C'est ça, c'est ça. En même temps, nous avons de plus en plus de jeunes qui terminent leurs études, mais pas assez de bons emplois pour eux. C'est vraiment une question d'opportunités. Alors certains attendent longtemps, d'autres acceptent un travail qui ne correspond pas à leurs qualifications et d'autres encore partent dans un autre pays pour chercher de meilleures opportunités.

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C'est pourquoi Isaura a raison de parler de responsabilité partagée. Bien sûr, les jeunes doivent faire leur part, mais nous ne pouvons pas leur demander de résoudre seuls un problème structurel. Les gouvernements, les systèmes éducatifs, les services d'emploi, ça veut dire les institutions du marché de travail, les partenaires sociaux et les entreprises ont aussi une responsabilité. Les jeunes doivent se préparer aux opportunités, mais nous devons aussi créer ces opportunités.

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Ce n'est pas un problème nouveau. Il y a toujours eu ce déséquilibre entre les formations et le marché de l'emploi, Mais là, on dirait que c'est encore pire qu'avant. C'est pire. Et aussi, je pense que les demandes des employeurs ont augmenté aujourd'hui, ils sont plus exigeants, c'est ça. Aujourd'hui, ils demandent des choses que quand moi j'étais jeune, ils n'ont pas demandé. Et ça, c'est aussi une question d'être raisonnable parce que les jeunes, ils ne peuvent pas être prêts quand ils commencent à travailler.

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Heureusement, quand je regarde moi même quand j'ai commencé, je savais pas beaucoup, mais ça ne m'a pas pris beaucoup de temps pour apprendre, parce que j'ai toujours eu des amis, mais aussi des collègues qui étaient prêts à m'aider. Et ça, c'est la responsabilité des employeurs. Être prêts à aider les jeunes pour devenir c'est ce dont ils ont besoin. Alors maintenant, nous allons partir en Afrique. Innocent Mudzingwa, qui est au Zimbabwe, nous explique quelles mesures

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concrètes justement, nous parlions avant, quelles mesures concrètes les gouvernements, les entreprises et les organisations de travailleurs devraient, selon lui, mettre en place. Écoutons le. Bonjour, je m'appelle Innocent Mudzingwa et j'ai 23 ans. Je viens du Zimbabwe. Les conclusions du rapport correspondent très étroitement à ce que je vois autour de moi au quotidien. Au Zimbabwe, de nombreux jeunes sortent de l'école ou de programmes de formation avec des qualifications, mais sans certaines compétences

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numériques et pratiques que recherchent les employeurs. C'est là que se trouve le véritable obstacle. Ce n'est pas un manque d'ambition ou d'efforts. Les gouvernements doivent financer la formation aux compétences numériques et professionnelles au même niveau que l'enseignement traditionnel. Ils doivent aussi veiller à ce que les formations soient conçues avec les jeunes, et pas seulement pour eux. Mais on oublie parfois qu'il faut aussi créer collectivement et de manière structurelle ces opportunités.

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C'est la responsabilité des institutions, des gouvernements, des entreprises et des organisations. Les jeunes ne doivent pas seulement être prêts à saisir les opportunités. Les institutions doivent aussi être prêtes à créer ces opportunités avec eux. Dorothea, pour rebondir sur ce que vient de dire Innocent, quelles mesures les gouvernements et les partenaires sociaux peuvent ils prendre pour améliorer les perspectives d'emploi des jeunes ? Je pense qu'il a vraiment raison. Si le monde du travail change, nos politiques doivent changer.

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Et bien sûr, nous devons continuer à investir dans l'éducation et dans la formation. Ça, c'est quelque chose qui, après tout, marche plus ou moins bien. Mais aujourd'hui, il faut aller plus loin. Il faut préparer les jeunes aux nouvelles technologies, y compris l'intelligence artificielle. Mais il ne faut pas oublier que ce sont les jeunes qui ont déjà beaucoup de capacités dans ce métier là. C'est les plus âgés qui n'ont pas.

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Et il faut développer à la fois les compétences techniques et les compétences humaines, par exemple la communication, la capacité à travailler avec les autres ou à résoudre des problèmes. Il faut aussi faciliter l'entrée des jeunes sur le marché du travail avec de meilleurs services, de l'emploi, des apprentissages, des stages de qualité et des vraies positives. Possibilité d'acquérir une première expérience.

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Aussi, la protection sociale est très importante, notamment parce que les formes de travail deviennent de plus en plus diverses. Ils doivent donner des opportunités aux jeunes de chercher et de trouver ce qu'ils vont faire pendant leur leur vie. Il y a des périodes où ils ont besoin de protection sociale pour avoir une chance de trouver. Et enfin, il faut écouter les jeunes. Il ne faut pas seulement faire des politiques pour les jeunes,

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mais il faut vraiment faire les politiques avec les jeunes. En ce qui concerne la protection sociale, surtout pour, par exemple, dans un marché du travail qui a tendance à se précariser de plus en plus ou si vraiment on veut se chercher le genre d'emplois que l'on aime, pouvoir essayer des emplois même dans des conditions, comme tu le disais avant, en fonction des régions qui parfois ne sont pas toujours idéales, mais pour justement pour permettre quand même cette quête d'emploi qui au début, parfois, est toujours un peu précaire. Absolument.

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Et c'est sur ces systèmes de protection sociale où on garde le contact avec les jeunes, parce que s'il n'y a pas de système social, comme j'ai dit avant, on perd, ils disparaissent. C'est ça, c'est ça. Et après ça, c'est très difficile. Et les jeunes, après quelque temps, ils ne savent même pas. Il y a des institutions qui peuvent les aider, ils sont simplement vraiment perdus. Donc, face à ce panorama de plus en plus complexe et parfois peut-être un peu décourageant.

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Quels conseils donnerais-tu donnerais-tu aux jeunes qui essaient aujourd'hui d'entrer sur le marché du travail pour pas qu'ils soient complètement déprimés en sortant de la fac ? Gardez votre voix, votre curiosité et votre confiance. Et je sais, c'est facile à dire, mais nous devons aussi reconnaître que la situation actuelle a un impact sur les jeunes. Nous voyons davantage de problèmes liés à la santé mentale entre les jeunes, et nous voyons aussi

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chez certains jeunes une vision plus négative de leur avenir. Et ce n'est pas très surprenant. Les jeunes grandissent dans un monde avec énormément de défis les conflits, les changements climatiques, les transformations technologiques, les inégalités et l'incertitude économique. Et en même temps, on leur demande d'être toujours plus performants. Donc mon message, ce n'est pas simplement dire faites encore plus d'efforts.

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Je dirais plutôt continuer à apprendre, comme je dis, restez curieux, développer différentes compétences et chercher des personnes qui peuvent vous aider et vous conseiller. Mais c'est surtout faites entendre votre voix. Les difficultés que vous rencontrez ne sont pas seulement individuelles. Il y a de vrais problèmes structurels sur le marché du travail et nous avons besoin de vous pur les identifier

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et nous avons besoin de vous pour trouver des solutions. Les jeunes sont pas le problème, ils font partie des solutions et il faut vraiment parler avec eux. Dialogue social ou des autres façons pour trouver des solutions ensemble. Et pas seulement trouver, mais mettre en place des solutions ensemble. Alors, Dorothea, après avoir entendu les différents points de vue d'Anca, d'Isaura et d'Innocent, qu'est-ce qui te donne de l'espoir pour l'avenir de l'emploi des jeunes ?

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Ce qui me donne de l'espoir, ce sont justement les jeunes eux mêmes que nous venons d'entendre. Ils comprennent très bien les changements qui sont en train de se produire. Ils parlent de leurs difficultés, mais ils proposent aussi des solutions très concrètes. Il y a une autre chose qui me donne de l'espoir. La situation que nous voyons aujourd'hui sur les marchés du travail n'est pas arrivée par hasard. Elle est aussi le résultat de choix politiques

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faits dans le passé et parfois de mauvais choix. Mais pour moi, cela veut aussi dire que nous pouvons changer les choses. Si certaines politiques ne fonctionnent plus, nous pouvons les changer. Si elles ne répondent plus aux besoins des jeunes, nous pouvons les adapter. Bien sûr, les défis sont énormes. J'ai dit déjà technologie, changement climatique et cetera et cetera. Mais nous ne sommes pas simplement les victimes des défis

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qui sont devant nous. Nous pouvons être les créateurs des solutions, et les jeunes doivent faire partie de la création de ces solutions, comme je l'ai dit. Mon message final serait donc très simple. Nous savons que les politiques peuvent faire une différence, alors faisons les bons choix maintenant pour que les jeunes puissent construire un meilleur avenir. Bien, merci Dorothea pour ce message d'espoir. Nous arrivons à la fin de cet épisode. Nous avons parlé avec Dorothea Schmidt-Klau

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qui est cheffe du service de la promotion de l'emploi à l'OIT, du dernier rapport de l'OIT sur les tendances mondiales de l'emploi des jeunes. Si vous souhaitez en savoir plus, le rapport complet est sur le site de l'OIT et vous pouvez également nous suivre sur les réseaux sociaux. Vous pouvez nous retrouver sur Facebook et LinkedIn @International LabourOrganisation. Sur YouTube, @ILO, sur Instagram, Blue Sky et Thread @ilo.org et sur X @OITInfo. A très bientôt pour un nouvel épisode du podcast de l’OIT sur l'avenir du travail.

Avec

Invité/ée

Dorothea Schmidt-Klau
Dorothea Schmidt-Klau
Responsable du Service de l’emploi, du marché du travail et des jeunes, Département des politiques de l’emploi, OIT

Hôte

Isabel Piquer
Isabel Piquer
Chargée de la communication et de l’information publique à l’OIT